SPECTACLE "La Maison de Bernarda"

Deux ultimes représentations


La Compagnie du Tilleul, la troupe de théâtre amateur de la MJC va rejouer son spectacle "La maison de Bernarda Alba" de Federico Garcia Lorca dans le cadre du festival "Culture et Patrimoine" organisé par la Ville de Lézignan-Corbières. Les prochaines représentations se dérouleront dans la cadre prestigieux du Château de Gaujac les Jeudi 2 et Vendredi 3 Septembre 2010. L'entrée est gratuite mais les places sont à retirer à l'OFFICE MUNICIPAL DE TOURISME.



Pourquoi Bernarda ?

SPECTACLE "La Maison de Bernarda"
Après la belle aventure de Planou, Roger FABRY, a souhaité de relancer la Compagnie du Tilleul, la troupe de théâtre amateur de la MJC, en léthargie depuis plusieurs années.

Sûr de quelques éléments féminins avec lesquels il avait déjà travaillé plusieurs fois, et fort de la révélation de quelques autres, en cette année de commémoration de "La Retirada", il lui a paru opportun de présenter une pièce de Federico Garcia Lorca, l'une des toutes premières victimes de cette période sombre et tragique de l'Espagne.

"La maison de Bernarda Alba", ultime oeuvre théâtrale de cet auteur, a semblé à Roger FABRY, tout à fait indiquée pour mettre en scène la plupart des comédiennes de la troupe. Cette pièce qui sommeillait depuis trop longtemps sous la poussière des rayons de sa bibliothèque pouvait servir merveilleusement leur talent ... et quel talent !

Certes, nous changeons radicalement de genre. Pour les comédiennes, on peut parler de morceau de bravoure. Passer de la comédie au drame n'est pas chose aisée. Et pourtant elles l'ont fait avec brio au prix d'un travail sérieux, intense et précis.
Au fil des répétitions Roger était transporté, non seulement par la poésie de Garcia Lorca, mais plus encore par l'interprétation de chacune de ses comédiennes.

A la lecture de l'oeuvre, Roger FABRY a aussitôt imaginé un décor blanc, sobre et austère, rehaussé dans les deux premiers actes par deux reproductions de chefs-d'oeuvre de Salvador Dali (ami de Garcia Lorca) magnifiquement réalisées, avec compétence et enthousiasme, par quelques artistes de l'atelier peinture de la MJC.

Tous ces talents réunis, tout ce travail accompli, il ne reste plus qu'à offrir au public, le texte sublime de Garcia Lorca, "cette poésie récitée qui demande un corps vivant qui interprète - (et qui, avec la danse) - sont des formes qui naissent et meurent de façon perpétuelle et soulèvent leurs contours sur un présent précis".

Sous le soleil brûlant d'Andalousie et les nuits chaudes espagnoles, vont s'exprimer beauté, passion et courage, mais aussi soumission, rébellion, jalousie, cruauté, égoïsme, suspicion et hypocrisie.
Comment peut-on imaginer que ce drame ait pu être vécu il y a quelques dizaines d'années à peine, là, tout près, en Espagne. Comment peut-on imaginer qu'aujourd'hui encore, ailleurs, sur d'autres rivages de la Méditerranée, "Naître femme, est le pire des châtiments (F. Garcia Lorca)" ... Et pourtant ...

SPECTACLE "La Maison de Bernarda"

Federico GARCIA LORCA, un andalou passionné

Il n'était pas poète, il était la poésie même !

Que reste-t-il du bel andalou ?
Des mots de source fraîche, des rires et de la musique avant tout. Lorca était musicien, peintre et cantaor des douleurs - et il vivait pour la musique. Excellent pianiste et guitariste, il jouera plutôt des sons que des mots. Son osmose avec le monde gitan et le flamenco donneront chair à sa poésie..

Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade, en Andalousie, avec une cuillère d’argent dans la bouche. Il sera l’astre de Grenade, puis de Madrid où il rejoint le mouvement intellectuel qui, à partir des années trente, allait être appelé la « Génération du 98 ».

Ses amis Manuel de Falla, Pablo Neruda, Salvador Dali, Luis Buñuel sont tous éblouis par « ce magicien qui tirait des chapeaux de ses mots toutes les colombes du monde ». Il connaîtra la gloire très tôt, dès 1927. La parution du « Romancero Gitan » en fait un dieu vivant. Un voyage à New York en 1929 change en profondeur son écriture et son rapport au réel. A son retour il est nommé directeur du théâtre ambulant « La baracca » qui va sillonner l’Espagne de ses plus petits recoins.

On ne peut rien comprendre à Lorca si on ignore son amour fusionnel avec la culture populaire. Sa belle croisade pour la renaissance du flamenco aura été sainte.
« il me semble que le flamenco est l’une des plus gigantesques créations du peuple espagnol »

Le poète est connu mais l’amoureux fou du théâtre un peu moins.
« Le théâtre c’est la poésie qui sort du livre pour descendre dans la rue ».
« Le théâtre est une école de larmes et de rire, une tribune libre où l’on peut défendre des morales anciennes ou équivoques et dégager, au moyen d’exemples vivants, les lois éternelles du cœur et des sentiments de l’homme. Le théâtre est un des instruments les plus expressifs, les plus utiles à l’édification d’un pays, le baromètre qui enregistre se grandeur ou son déclin ».
Pour le théâtre, Lorca, dandy plutôt pas engagé dans les courants politiques, se ressource dans son idée du peuple.

Comme chaque année, en ce mois d’aout 1936, Lorca était retourné à Grenade. Le temps était beau, ses compagnons joyeux et la garde civile franquiste arriva. Soupçonné de sympathies républicaines et plus encore de « ses mœurs dépravées » au regard du fascisme franquiste, il est arrêté à l’aube. Federico Garcia Lorca est fusillé le 19 août, entre Viznar et Alfacar avec ses compagnons de captivité. Le franquisme aux tous premiers jours de la guerre civile n’a rien de plus urgent que de remplir de balles et de terre cette bouche d’or. Cette bouche qui venait juste de clore « la Maison de Bernarda Alba ». Ce petit andalou aux cheveux gominés, à l’air autant voyou que savant, aura laissé le fer rouge de ses mots sur nos siècles.

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Ultimes représentations :
JEUDI 2 SEPTEMBRE 2010 à 20h45
VENDREDI 3 SEPTEMBRE 2010 à 20h45
Parc du Château de Gaujac à Lézignan-Corbières

Tarifs :
> Entrée Générale > Entrée Gratuite (Retrait obligatoire avant à l'OFFICE MUNICIPAL DE TOURISME - Places Limitées

L'oeuvre :

Drame en trois actes dénonçant la société traditionaliste espagnole.

Federico Garcia Lorca acheva de l'écrire en 1936, peu de temps avant sa mort. Elle fait partie de ce que les spécialistes appellent " la trilogie rurale" avec "Noces de sang" (1932) et "Yerma" (1934).
L'amour, la mort, la frustation, si présents dans cette pièce sont des thèmes qui jalonnent toute l'oeuvre dramatique de Lorca.

L'oeuvre ultime de Fedrico Garcia Lorca nous plonge dans une Espagne exaspérée par l'injustice, les préjugés ou la morale religieuse au seuil de la guerre civile.

L'intrigue se déroule dans un petit village andalou, dans les années 1930. Bernarda, la femme la plus aisée du village et mère tyrannique de cinq filles célibataires âgées de 20 à 39 ans, perd son époux et se prépare à huit ans de deuil comme le veulent la règle et la bienséance que Bernarda respecte religieusement. Elle entraîne dans sa décision ses cinq filles et sa mère qu'elle séquestre à cet effet.

Toutes les femmes de la maison, gouvernante et servante comprises, seront vêtues de noir et vivront derrière les volets clos. Jamais elles ne sortent, sauf pour aller à l'église tapies sous leurs voiles noirs, et ne peuvent respirer que dans leur patio. Benarda, c'est l'orgueil poussé à son comble et dévoré par une soif féroce, inhumaine : celle de la domination.
L'aînée des filles, Angustias, issue d'un premier mariage, est laide et riche car elle a hérité du défunt. Appâté par sa dot, Pépé le Romano, le plus beau garçon du village, objet de convoitise pour toute ces femmes seules et frustrées, demande Angustias en mariage et est admis à lui parler, le soir, devant la grille de sa fenêtre. Toutefois, ce devoir accompli, il va rejoindre dans les ténèbres de la cour la plus jeune soeur, Adela, celle qui croit encore à la vie et n'a pas l'intention de rester enfermée, belle, désirable, mais sans fortune. Epiés par la servante et par sa soeur Martirio, jalouse. Adela, malgré ses efforts pour dissimuler son secret,ne peut empêcher que celui-ci soit découvert et finit par l'avouer fièrement devant toute la famille.
Bernarda, pour étouffer le scandale, chasse Pepe hors du village, et Adela croyant son amant mort, abattu par sa mère, finit par se suicider.

Cette pièce nous rappelle la condition de la femme dans cette époque troublée de l'Espagne franquiste dans laquelle "Naître femme est le pire des châtiments".



SPECTACLE "La Maison de Bernarda"

Les personnages :

 
Les personnages sont uniquement des femmes, enfermées dans leur maison suite au décès de leur père ou de leur mari.

La veuve Bernarda, rigide, tyrannique, dominatrice, qui incarne la force de la répression, oblige ses filles à rester cloîtrées afin de respecter le veuvage et le respect dû à leur père ou à leur beau-père (pour Angustias, car il s'agit du deuxième mari de Bernarda le premier étant décédé). 

Pepe El Romano est un jeune et bel homme qui n'est pas représenté dans la pièce mais qui est omniprésent. Il a pour projet de se marier avec Angustias, la fille du premier mariage, car elle a beaucoup d'argent de l'héritage de son père ; cependant c'est la plus laide et la plus vieille (39 ans) des filles de Bernarda.

Adela, la plus jeune (20 ans), s'insurge contre la rigueur des mœurs à laquelle elle doit se soumettre, elle incarne la rébellion. Elle est amoureuse de Pepe qui est aussi très attiré par elle. 

Les autres personnages sont les autres filles de Bernarda : 
Magdalena, (30 ans), qui a une certaine compassion pour Adela, mais elle est néanmoins soumise 

Amelia, (27 ans), résignée et complètement soumise 

Martirio, (24 ans), personnage très complexe, qui pense qu'elle ne pourra jamais se marier à cause de toutes ces années de veuvage et ne veut donc pas le bonheur de ses sœurs ; elle est également amoureuse de Pepe. Elle incarne l'égoïsme, la frustration, la jalousie et l'amertume. 

Maria Josepha, la mère de Bernarda ; c'est une très vielle femme (80 ans) (Bernarda a déja 60 ans), elle est sénile mais pourtant incarne parfois la voix tragique qui annonce la fin dramatique 

Le personnage de la Poncia a le même âge que Bernarda (60 ans) ; elle s'occupe de la maison, donne des conseils et des avertissements, elle assume sa position mais essaie de taire une certaine rancœur, notamment envers Bernarda. 

La distribution :

SPECTACLE "La Maison de Bernarda"

SPECTACLE "La Maison de Bernarda"

Les partenaires du spectacle

> La Ville de Lézignan Corbières
> La Communauté des Communes de la Région Lézignanaise
> La société Initial Project



Rédigé le Samedi 25 Avril 2009 à 21:03 | Lu 3394 fois |