Historique de l'évolution des bâtiments


Situés au cœur de Ville, attenants au Jardin Public, les locaux de la MJC occupaient d’abord d’anciennes remises viticoles. Ils ont été progressivement transformés et agrandis pour devenir le bâtiment que nous connaissons actuellement.



    Depuis sa naissance « officielle » en 1946, la "Maison des Jeunes", comme la plupart des MJC de France, est une association subventionnée. Ses locaux sont mis à disposition par la Ville pour un loyer symbolique.
La collectivité locale assure également le paiement de l'électricité, de l'eau, du chauffage, de même que l'entretien des locaux, pour le gros œuvre.

    Durant ses premières années de fonctionnement, les activités sont limitées : solfège, bibliothèque, expositions de peinture, conférences, ping-pong, ski, rugby et basket. La grande salle est continuellement réaménagée au gré des évènements et des activités. Une centaine d’adhérents fréquentent la rue Marat dès la première année.

    La Maison a été aménagée dans de vieilles remises, acquises depuis longtemps par la Ville, en vue de leur démolition. Au cours des années précédentes on a paré au plus pressé, c’est-à-dire à la création des locaux, mais les extérieurs et même l’habillage intérieur ont été négligés.

    Pendant la guerre et l’occupation allemande, la légende disait que certains lézignanais se cachaient dans le chantier d’aménagement de la première MJC.

    Lors du Conseil d’Administration du 1er août 1951, le président de l’époque expose que certains ouvrages construits ou aménagés entre 1941 et 1945, bien qu’utilisables, ne sont pas encore terminés, notamment la façade donnant sur le Jardin Public.

    Il présente un projet dressé par Monsieur AMIEL, architecte lézignanais, membre du Conseil d’Administration. Ce projet prévoit l’achèvement de la façade sur le Jardin et des balcons, ainsi que la construction d’une cheminée dans la Salle de lecture (sur l’actuelle salle de spectacle). Le devis estimatif prévoit une dépense de 425 000 francs de l’époque, qui serait couverte
    > pour 212 000 francs par une subvention de l’Etat (via la Fédération Française des MJC)
    > pour 137 000 francs par les ressources de la Maison
    > pour 76 000 francs par des travaux exécutés par  les ateliers municipaux.

    Il fait ressortir l’urgence et la nécessité de ces travaux, car la façade décrépitée est un coin lépreux dans un jardin public agréable et fréquenté. La salle de lecture est peu attrayante avec ses murs nus ; elle est dépourvue de moyens de chauffage, et l’accès du large balcon dominant le Jardin est interdit par l’absence de garde-corps.


    Dès son élection en 1956, vu le succès de fréquentation de l'association (500 adhérents) et le nombre de demandes d’hébergement, le nouveau Maire, Jacques OURADOU, promet de doter la MJC d’un équipement digne de sa forte activité.
L’idée est de construire un grand complexe comprenant de nombreuses salles d’activités, de bureaux, un centre d’hébergement et un gymnase dont la gérance sera assurée par l’association.

    En 1962, Messieurs Amiel et Castella, architectes, planchent sur les plans. La première version est gigantesque. Le projet prévoyait de raser la première MJC pour construire un complexe de 80 mètres de longueur jusqu’à l’avenue Maréchal Joffre en prenant sur le Jardin Public.

    Ce vaisseau de trois étages aurait été bâti autour d’un patio central arboré et entouré de coursives sur tous les niveaux. Une entrée commune était prévue avec le Gymnase doté de 400 places de gradins.


    On trouvait au premier niveau :
Un grand hall ouvert sur le patio, la bibliothèque (gérée jusque dans les années 1970 par la MJC), une salle de danse rythmique, une salle de télévision, le foyer « féminin », relié au foyer jeune avec une grande terrasse dans le jardin public et une mezzanine, la salle de spectacle avec balcon, une salle pour le tennis de table, deux bureaux et six salles de réunion pour les clubs situées sous les gradins du gymnase.

     Au second niveau :
Autour de la terrasse, sur le patio central, le projet prévoyait d’accueillir les douches et vestiaires du gymnase, deux salles de poterie et maquettes, une salle pour la reliure et une autre pour les modèles réduits. L’accès à la mezzanine, donnant sur le vide du foyer du premier niveau, était également possible par ce niveau. Enfin, était prévu un appartement de fonction avec deux chambres.

     Au troisième niveau :
La moitié du troisième niveau était réservé au Centre d’Hébergement. Trois grands dortoirs et une chambre pour les éducateurs étaient prévus sur la salle de spectacle. Au centre, avec vue sur le patio central, aurait dû se trouver la salle de restauration prolongée d’une grande terrasse extérieure. Un deuxième appartement aussi grand que celui du second niveau était prévu au sud du bâtiment.
L’autre moitié du bâtiment était réservée aux activités sportives et reliée au gymnase par un escalier donnant dans les gradins. Outres WC, douches et vestiaires, les sportifs auraient trouvé une grande salle de judo et une autre contiguë pour la boxe.

  Finalement le projet de 1962 ne se fera pas dans sa globalité pour des questions financières et d’organisation.
La construction du gymnase débute tout de même en 1965 pour se terminer en 1968.

    Les architectes sont invités à réfléchir à un nouveau projet qui consiste à réaménager la vieille MJC, qui ne sera pas détruite mais rénovée, et à réaliser une extension pour l’accoler au nouveau gymnase fraîchement inauguré.


    Le projet de l’extension et du réaménagement est préparé par le cabinet CASTELLA à Carcassonne. Il sera adopté par le Conseil Municipal de notre Ville en Novembre 1968.

    L’approbation technique est intervenue par arrêté préfectoral du 8 Septembre 1970. Le projet définitif sera adopté par délibération de la chambre municipale de Décembre 1971.

Une partie des lots est mise en adjudication le 16 Octobre 1972 et le 30 Janvier 1973 pour les autres.

    Le gros œuvre a été attribué à la société Facundo-Mallol, de Perpignan, qui fait faillite pendant la construction. Le chantier est donc interrompu plusieurs mois. Cette défection a eu d’importantes conséquences (retards, malfaçons, …).         

    Après avoir relancé une procédure d’adjudication, de nouvelles entreprises, lézignanaises cette fois,  reprennent le chantier. Les travaux qui ont débuté en Avril 1973 se sont terminés en début d’année 1975, alors qu’au départ le bâtiment devait être donné à l’exploitation fin Août 1974.    
Le complexe MJC, tant attendu par la population, est livré puis inauguré par le Préfet de l’Aude.

    De 1946 à 1974, à chaque période de vacances, la MJC transformait ses locaux en dortoirs afin d’organiser colonies de vacances mais aussi différents projets internationaux (sessions Découvrir la France, Camp International de Vendange, échanges avec la ville jumelle de Lauterbach, …).

    Au moment de l’agrandissement, il a été décidé de réserver une grande partie du complexe en hébergement collectif, ouvert toute l’année. Le Centre International de Séjour, intégré à la MJC, ouvre ses portes, occupant une partie du premier étage et le deuxième étage.

Même si le projet initial de structure commune a été abandonné, les architectes ont prévu un accès communiquant avec le gymnase Léo Lagrange. Cet accès était en service jusqu’aux années 2000 mais a été muré à la demande de la commission de sécurité.

    Au rez-de-chaussée :
on trouve la salle de spectacle (22 m sur 8) qui occupe l’emplacement de l’ancienne MJC et encore un foyer bar, l’espace administratif (trois bureaux) et l’accueil, une salle de soin, une salle de ping-pong (14 m sur 7), une salle de réunion et une autre salle polyvalente autour d’un patio intérieur.

    Au premier étage :
l’ancien premier étage de la vieille MJC a été requalifié et on y trouve désormais sept chambres avec bagagerie, un appartement de fonction pour le gardien, un laboratoire-photo, un auditorium télévision (14 m sur 7), une salle de cours (8 m sur 8) et une salle des conseils.

    Au deuxième étage :
le nouveau deuxième étage est aménagé avec six chambres, soit un ensemble de 17 mètres sur 15. Il est également doté d’une réserve, d’une cuisine et d’un réfectoire pouvant accueillir une cinquantaine de convives.
Cet outil de travail va permettre également la confection de repas sociaux pour l'extérieur (centre de loisirs, cantines, SIVOME, … jusqu’aux années 2000).

    Ce nouveau bâtiment concrétise la reconnaissance de l'importance et de la valeur de l'action menée par l’association.
La MJC, version 1975, a une façade de 31 mètres et une hauteur de 11 mètres.
    
Jacques OURADOU, Maire de la Ville, annonce lors de l’inauguration, « Evidemment une réalisation de cette envergure, d’un coût de 1 100 000 francs (1973), sera une ruche bourdonnante d’activités répondant au besoin d’épanouissement physique et culturel de notre jeunesse, dans un cadre digne de ses besoins et de ses légitimes aspirations. Bon vent, à cet édifice qui prend corps sous le ciel ensoleillé d’optimisme de la capitale des Corbières. »



    Depuis 1975, les locaux n’ont subi que des aménagements sommaires. Calibré pour 800 adhérents, le bâtiment accueille aujourd’hui 1700 adhérents et 60 clubs d’activités (contre une trentaine à l’ouverture). Le Centre International de Séjour ne répond plus aux attentes du tourisme social d’aujourd’hui (dortoirs, sanitaires collectifs, …).
De nouvelles normes sont entrées en vigueur. Le bâtiment doit également être accessible pour les personnes à mobilité réduite.

    « La Maison des Jeunes et de la Culture fera l’objet de travaux d’aménagement, le Centre International de Séjour, véritable creuset de l’accueil de la jeunesse européenne à Lézignan-Corbières, fera l’objet de toutes les attentions de notre équipe pour lui donner la capacité de répondre aux défis d’un accueil de qualité ». Ainsi s’exprimait Pierre TOURNIER, dans le programme électoral de son équipe municipale en 2008.
Michel MAïQUE, qui lui a succédé en 2009, fait de cet engagement une réalité en développant avec la MJC et l'architecte DPLG Bruno GROTTI le projet actuel de réaménagement des locaux.

Rédigé le Vendredi 20 Décembre 2013 à 14:03 | Lu 1225 fois |