THEATRE "Les Justes"

Samedi 30 Juillet 2011 à 20h45 au Château Etang des Colombes (entrée gratuite)


Vendredi 18 et Samedi 19 Novembre à 20h45
A la MJC, salle de spectacle Jo Teulon
Tarifs : 8€ et 5€ réduit



THEATRE "Les Justes"
Tuer ? Est-ce l’unique moyen de parvenir à un monde meilleur, ou n’est-ce qu’une possibilité facultative ?Faut-il ou non tuer des enfants au nom de l'idéologie ?

Tout d’abord, une histoire vraie.
 À Moscou, en février 1905, un groupe de révolutionnaires socialistes projette d'assassiner le grand-duc Serge, qui règne en despote, afin de lutter contre la tyrannie exercée sur eux. Kaliayev, un terroriste, lancera la bombe. A la première tentative il renonce à aller au bout de son acte car des enfants accompagnent le Grand Duc. La question se posera alors : Faut-il ou non tuer des enfants au nom de l'idéologie ? Chacun a son rôle, Dora a celui de rester en arrière mais elle a tout de même pris des risques en élaborant les bombes servant à l'attentat. 
A la seconde tentative, Kaliayev réussira. Il sera emprisonné, la grande-duchesse Élisabethlui proposera d'être gracié, il refusera et sera pendu. Dora, à la fin, s'apprêtera à faire le prochain attentat et pourra ainsi rejoindre Kaliayev. À noter que Dora et Kaliayev sont amants (au sens ancien du terme, c’est-à-dire qui aime et est aimé).
D’après cet évènement, Albert Camusa fait un drame en cinq actes.

La pièce
Pièce de théâtre en réponse au livre Les Mains sales de Jean-Paul Sartre situant un groupe de révolutionnaires socialistes cherchant à éliminer un traître du Parti.
Ainsi, les personnages s’interrogent sur leurs idéologies, qui, se mêlant au terrorisme, recèlent un caractère destructeur concourant à la perte de leur innocence. Celle-ci est remise en question par l’acte mortel qu’ils vont exécuter, et se questionnent sur la véritable signification de ce qu’ils s’apprêtent à faire, après de long mois d’attente : tuer serait le seul et unique moyen de parvenir à un monde meilleur, ou n’est-ce qu’une possibilité facultative ? Prendre la vie de personnes allant à l’encontre de ses idéologies est un acte héroïque compte tenu d’une situation intenable, ou n’est-ce qu’un moyen abominable de plus pour frapper fort et tenter de bouleverser l’ordre établi ? Car, finalement, l’auteur émet l’idée du devoir qu’ont les révolutionnaires à ôter la vie pour mieux changer le monde, les règles qui le régissaient, afin d’imposer le juste système : « Raison de plus pour évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu’elles firent pour se mettre d’accord avec le meurtre… » énonce Albert Camus dans sa préface. La principale remise en question est celle de l’acte même de tuer, qui serait pour certains terroristes le juste acte de rébellion, et pour d’autres un acte méprisable qui les rend tous autant qu’ils sont aussi coupables que leurs ennemis communs. C’est autour de cette philosophie que sont abordés les sentiments humains face à de telles situations, et qui apportent à ce terrorisme révolutionnaire un côté davantage tragique que inhumain : mourir pour l’idée de la justification est le plus grand bonheur qui soit, le courage et l’envie ne peuvent être souillés par une quelconque pitié ; quel noble acte que d’avoir conscience de périr pour une cause juste, « condamner l’injustice vivante pour une justice morte » ! L’œuvre soumet l’idée que toutes les dictatures ne peuvent être soulevées par l’amour et la paix, et qu’il doit y avoir dans chaque nation des hommes et des femmes qui doivent se vouer à défendre leurs libertés et leurs droits les plus fondamentaux, et ainsi porter le meurtre dans leurs veines. 
Cette pièce en cinq actes démonte tous les clichés révolutionnaires. On imagine sans peine la quantité de vécu que met Camus dans ce genre de dénonciation. Les trois premiers actes se passent avant l’attentat et l’on voit les différentes sensibilités des révolutionnaires se croiser et se confronter. Les deux derniers actes se passent après et l’on quitte le discours révolutionnaire théorique pour un discours pratique et humaniste. On mesure dans cette pièce à quel point Camus peut être loin d’un Sartre, et l’on sent son engagement pour la vie et l’humanité. De plus le personnage féminin des Justes a un rôle très important : sorte d’égérie socialiste traditionnelle au début elle termine dans une déclaration d’amour folle pour le narrateur... 

Enfin on notera cette citation : « La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre".

THEATRE "Les Justes"

Rédigé le Mercredi 20 Juillet 2011 à 10:47 | Lu 601 fois |